Peut-on être pilote et vegan ?
Temps de lecture : 8 min
Peut-on être motard et vegan ?
"T'es vegan et tu fais de la moto ? C'est pas un peu contradictoire ?"
La question revient souvent. Sur les forums, dans les paddocks, ou en face-à-face.
Je vais y répondre simplement. Pas pour convaincre. Juste pour exposer une position honnête.
D'abord, clarifier ce que "vegan" veut dire
Le véganisme, c'est refuser d'utiliser des produits issus de l'exploitation animale.
Ce n'est ni une religion, ni une quête de perfection absolue. C'est une direction.
Réduire son impact, dans la mesure du possible.
La moto consomme du carburant. Et alors ?
Argument classique : "tu pollues, donc tu n'es pas cohérent."
Ce raisonnement suppose une cohérence parfaite dans tous les domaines. C'est irréaliste.
Améliorer une partie de ses choix reste valable. Refuser le tout ou rien, c'est déjà agir.
Un motard qui arrête le cuir animal fait quelque chose. Ce n'est pas tout. Mais ce n'est pas rien.
Le cuir dans la moto : une vraie tension
Le cuir reste dominant dans l'équipement moto pour des raisons techniques : résistance à l'abrasion.
Les alternatives véganes existent (ex : Andromeda Moto), mais elles restent limitées.
C'est une zone grise. Elle doit être assumée, pas niée.
Refuser toute évolution sous prétexte d'imperfection mène à l'immobilisme.
Ce que les paddocks m'ont appris
Dans les paddocks, j'ai vu deux choses :
- Des passionnés exigeants et rigoureux
- Beaucoup de matériaux gaspillés (pneus, plastiques, huiles)
C'est de là qu'est née ADP.
Un constat simple : des pneus conçus pour résister à des contraintes extrêmes finissent jetés.
Alors qu'ils peuvent encore servir.
Les semelles ADP viennent de cette logique. Pas d'un discours. D'une observation.
Peut-on être motard et vegan ?
Oui.
Parce que le véganisme n'exige pas la perfection.
Il demande de faire des choix différents là où c'est possible.
Ces deux réalités peuvent coexister :
- Passion pour la mécanique
- Réduction de certains impacts
Elles coexistent déjà chez beaucoup de motards.
Concrètement
Équipement : alternatives véganes en progression
Paddock : vêtements sans cuir faciles à adopter
Entretien : produits moins agressifs disponibles
Consommation : accumulation de petits choix
Ce n'est pas radical. C'est progressif.
Conclusion
Il n'y a pas de cohérence parfaite.
Seulement des arbitrages.
La contradiction entre moto et véganisme est moins évidente qu'elle en a l'air.
ADP est né dans cet entre-deux.
Ce n'est pas parfait.
C'est cohérent.
Olivier Daumas — pilote moto et fondateur d’ADP by Oliveur.
Claquettes fabriquées au Portugal à partir de pneus recyclés, liège naturel et biomatériau de cactus. 100 % véganes.